arton2337-1673e ROMAN FRANCAIS

Trois saisons

   d'orage

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272 pages

 

 

cecile-coulon

 

Cécile Coulon, née en 1990 à Clermont-Ferrand,est une écrivaine française. Après une hypokhâgne et une khâgne à Clermont-Ferrand, elle poursuit ses études en Lettres Modernes. Elle se consacre actuellement à sa thèse dont le sujet est "Sport et Littérature".

 

 

 

 

 

 

Quatrième de couverture (Viviane Hamy) :

 

Trois générations confrontées à l’Histoire et au fol orgueil des hommes ayant oublié la permanence hiératique de la nature. 
Saga portée par la fureur et la passion, Trois Saisons d’orage peint une vision de la seconde partie du XXe siècle placée sous le signe de la fable antique. Les Trois-Gueules, "forteresse de falaises réputée infranchissable ", où elle prend racine, sont un espace où le temps est distordu, un lieu qui se resserre à mesure que le monde, autour, s’étend. Si elles happent, régulièrement, un enfant au bord de leurs pics, noient un vieillard dans leurs torrents, écrasent quelques ouvriers sous les chutes de leurs pierres, les villageois n’y peuvent rien ; mais ils l’acceptent, car le reste du temps, elles sont l’antichambre du paradis. 

 

Notre avis :

 

Notre bibliothèque associative n’a pas le budget suffisant pour acquérir tous les livres. Nous devons faire des choix et nous avons laissé passer le magnifique roman de Cécile Coulon lors de sa sortie en janvier. Heureusement nous venons de réparer cet oubli, et "trois saisons d’orage" a rejoint le rayon "nouveautés" de notre bibliothèque.

Massif des trois gueules, Les Fontaines, un village minuscule, une maison calcinée avec ses quatre fenêtres, quatre yeux vides. Une famille de médecins, une famille de paysans, et au milieu la maison ou ce qu’il en reste.

Nous sommes après-guerre, les frères Charrier exploitent une carrière, leurs ouvriers, « les fourmis blanches «  et les paysans ne s’aiment pas, ils se supportent. Le village entre dans une ère nouvelle. Un village avec un médecin à demeure est un endroit qui rassure, c’est ici que s’installe André un jeune médecin. Dès qu’il voit la maison il se sent chez lui, alors quand la famille s’en va, suite à la mort subite de leur jeune enfant, il propose une somme deux fois supérieure à la somme demandée.

Elise, une fille sans chichis, sage, extrêmement sage. Après une soirée dans un bar, Elise est ivre, André aussi. Alors quand Benedict, 4 ans après, réclame son papa, Elise sait que le moment est venu pour son garçon de rencontrer son père.

Devenu médecin à son tour, Benedict, s’installe avec son père, il tombe amoureux d’Agnès une femme, belle, libre et sauvage. Leur premier enfant, Bérangère, naît le jour de la fête du village. Aucun autre enfant n’arrivera.

Maxime dégote Delphine une femme jolie et travailleuse, fille de paysans. Lorsque le père meurt le couple hérite de la ferme. Lorsque les quatre garçons viennent au monde, Delphine ne prend aucun repos, elle n’en fait pas toute une histoire. Valère est le troisième des enfants, il aime la terre et les animaux.

Valère rencontre Bérangère à l’école, elle est bien née, lui n’a que la ferme, elle a la lumière, il n’a que des bouses de vache. Elle est drôle et intelligente, il est encore un adolescent mais son corps ressemble à celui d’un adulte.

Mais quand Charles, le deuxième enfant de Bénédicte et Agnès naît miraculeusement seize ans après Bérangère, tout bascule, il a une marque de naissance transmise par les hommes de même sang, un jour quelqu’un connaitra la vérité et se quelqu’un parlera.

Tout d’abord, Cécile Coulon met en place le cadre de son récit, un village où tout le monde se connait, où il n’y a aucune intimité, où il n’y a pas d’endroit pour pleurer sans que ses sanglots inondent la vie des autres. Elle décrit le développement de ce village et l’arrivée de nouveaux habitants. Elle nous raconte l’attachement des paysans à leur terre et leur souhait de la préserver. Elle dresse minutieusement le caractère de chaque personnage dont certains s’opposent. Son écriture se fait précise pour décrire la passion interdite qui dévore deux êtres, les soubresauts du désir, la difficulté d’effacer l’image d’un corps de ses pensées. L’auteur peint parfaitement la ruralité, l’importance du médecin et du curé, les deux hommes à qui les habitants se confient, les regards et les non-dits. Un roman qui semble simple et qui pourtant est d’une puissance incroyable porté par une belle écriture  et le lecteur n’oubliera pas les visages d’Elise, d’Agnès et de Bérangère trois femmes au cœur de ce drame.

 

 

Prolongez votre lecture : 

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Disponible à la bibliohèque

 

 

 

 

 

Note n° 745 rédigée par Yves, juin 2017

 

 

 

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