no home ROMAN ETRANGER

NO HOME

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450 Pages

 

 

 

 

 

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Yaa Gyasi est née au Ghana en 1989 avant d’émigrer aux États-Unis à l’âge de deux ans. Lectrice précoce de Toni Morrison, elle est diplômée de la prestigieuse Université de l’Iowa. Un voyage au Ghana déclenche son désir d’écrire, "No home", publié aux Etats-Unis sous le titre "Homegoing", est son premier roman. 

 

 

Le livre :

 

XVIIIe siècle, au plus fort de la traite des esclaves. Effia et Esi naissent de la même mère, dans deux villages rivaux du Ghana. La sublime Effia est mariée de force à un Anglais, le capitaine du Fort de Cape Coast. Leur chambre surplombe les cachots où sont enfermés les captifs qui deviendront esclaves une fois l’océan traversé. Effi a ignore que sa soeur Esi y est emprisonnée, avant d’être expédiée en Amérique où des champs de coton jusqu’à Harlem, ses enfants et petits- enfants seront inlassablement jugés pour la couleur de leur peau. 

 

 

Notre avis :

 

Dans cette fresque familiale nous suivons en alternance les destinées des descendants de deux soeurs, Effia et Esi, et à travers leurs vies qui courent sur trois siècles et deux continents l’Afrique et l’Amérique, l'évolution de l'esclavagisme puis de la ségrégation. Les uns,métis, peinent à trouver leur place car ils sont tiraillés entre leur identité africaine et leur ascendance européenne et leur passé esclavagiste. Les autres d’abord esclaves, devenus libres, craignent la colère de l’homme blanc, qui peut, malgré l’abolition de l’esclavage, balayer leur vie d’un revers de main. 

Un livre d'une richesse incroyable qui nous emmène des guerres tribales aux discriminations actuelles, en passant par les plantations de coton, la guerre de Sécession, l’abolition de l’esclavage, la ségrégation raciale, l’exploitation de la main-d’œuvre dans les mines de charbon, les mouvements activistes noirs, la naissance de Harlem, le Black Power, la délinquance, le jazz, la drogue ou encore les incarcérations de masse. 

Une belle écriture portée par un talent de conteuse, mais un livre trop riche, on saute trop rapidement d'une génération à une autre, heureusement un arbre généalogique situé en début de livre permet au lecteur de se repérer. J'aurai aimé rester plus longtemps avec certains personnages et aller plus loin dans leur histoire. En fait ce récit aurait gagné à être décliné en deux ou trois romans.

 

 

 

Note rédigée par Yves, mars 2017

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