ob_706a15_capture RECIT 

Ma mère

cette inconnue

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192 pages

 

 

 

 

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Philippe Labro, né à Montauban en 1936, est un journaliste français, écrivain, réalisateur, homme de médias, et auteur de chansons. Il publie son premier roman Un Américain peu tranquille en 1960. Son roman L'étudiant étranger reçoit le prix Interallié en 1986. 

 

 

 

 

Quatrième de couverture (Gallimard) :

 

"Netka", il y a du slave dans ce nom qui sonne clair. Elle a cinquante pour cent de sang polonais dans ses veines. Il me faudra beaucoup de temps pour identifier la Pologne, chercher la trace du père inconnu, éclaircir les mystères, imaginer l'enfant-valise, la petite fille abandonnée. Elle est, elle était ma mère. 

 

Notre avis :

 

 

Au balcon d’une résidence sur les hauteurs de Nice, Netka, 90 ans, contemple la mer, elle tient dans ses mains la photo de Jean son mari décédé il y a 10 ans. Elle n’a connu ni son père, riche aristocrate polonais qui a déjà une famille,  ni sa mère, institutrice, voyageuse et volage. Elle refuse de se replonger dans le souvenir d’abandons successifs, elle a déposé une grande vitre de verre opaque sur les images de son  passé.

Philippe Labro, qui a connu une enfance de bonheur avec ses trois frères,  auprès de cette femme puits d’amour, de tendresse et de générosité, décide de dérouler le fil de la vie de sa maman, séquence par séquence, en s’appuyant sur des photos, une carte de presse, des lettres, des poèmes, quelques témoignages. Il essaye de reconstituer et de comprendre l’enfance de cette petite fille et de son frère Henri privés de tendresse, de baiser, de tous ces petits gestes qui font le quotidien d’une mère et de son enfant. L’humiliation à l’école d’être une bâtarde, née de père inconnu. Il nous raconte l’adolescence d'une jeune fille au charme slave qui entre dans l’âge de la provocation avec gaieté et insouciance mais aussi mélancolie. Il fait revivre la jeune femme, si belle, si brillante qui cherche à aimer et à être aimée, sa rencontre avec Jean, l’amour de sa vie, ils n’ont rien en commun, ni l’âge ni le statut et pourtant ils vont s’aimer et seront reconnus "justes parmi les nations" pour leurs actions pendant l’occupation allemande.

192 pages remplies d’amour pour cette maman, qui ne respire que pour ses enfants et ses petits-enfants. Un récit plein d’émotion écrit par un fils qui sait qu’il doit tout à sa mère. Un exercice difficile pour Philippe Labro  qui a peur de ne pas être à la hauteur de ce projet de rendre hommage à une femme, enfant abandonné qui n’aura de  cesse d’accueillir les autres. C’est à travers les poèmes écrits alors qu’elle avait 20 ans qu’il comprend son rêve de gloire pour avoir enfin un nom qu’elle n’a pas reçu. Cette gloire qu’elle va connaitre à travers la réussite de ses enfants qui lui apporteront  la satisfaction et l’apaisement. Une écriture avec des mots simples emplis de pudeur, un livre qui se lit avec bienveillance.

 

 

Note n°736 rédigée par Yves, juin 2017

 

 

 

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