les vivantsROMAN FRANCAIS

Les vivants

au prix

des morts

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188 pages

 

 

 

 

contributor_11778_195x320René Frégni, né en 1947 à Marseille, est un écrivain français. Il passe toute son enfance et sa jeunesse dans un quartier populaire de Marseille.Il quitte définitivement toute scolarité en classe de troisième et travaille avec son père pendant deux à trois ans comme peintre en bâtiment sur les chantiers, à 19 ans il part en stop pour Istanbul, où il travaillera dans des restaurants. Devant revenir en France pour effectuer son service militaire, il arrive à la caserne en retard de deux mois après avoir parcouru les routes d'Europe avec beaucoup d'insouciance. Considéré comme déserteur, il est condamné à six mois de prison militairepar le tribunal militaire de Metz. Il s'évade de la prison militaire et repart sur les routes avec de faux papiers. Il sera considéré à nouveau déserteur pendant cinq ans. Par la suite, il travaille durant dix ans en tant qu'aide-soignant, puis infirmier dans un hôpital psychiatrique de Marseille. Passionné d'écriture, il rédige chaque jour le journal de bord de l’hôpital. C'est en rédigeant cette chronique des jours à l'asile qu'il décide de tenter d'écrire un premier roman. Il quitte l'hôpital, se réfugie dans un petit cabanon à Manosque, où pendant trois ans il se consacre à l'écriture de son premier roman, Les Chemins noirs, qui paraît en 1988 et obtient le prix du roman populiste l'année suivante. Il vit aujourd'hui à Manosque, sa ville d'adoption est au centre de tous les polars qu'il écrit.

 

 

Quatrième de couverture ( Gallimard ) :

 

Lorsque le douzième coup de midi tombe du clocher des Accoules, un peu plus bas, sur les quais du Vieux-Port, les poissonnières se mettent à crier : " Les vivants au prix des morts! " Et chaque touriste se demande s’il s’agit du poisson ou de tous ces hommes abattus sur un trottoir, sous l’aveuglante lumière de Marseille…
À Marseille, René n’y va plus que rarement. Il préfère marcher dans les collines de l’arrière-pays, profiter de la lumière miraculeuse de sa Provence et de la douceur d’Isabelle. Il va toutefois être contraint de retrouver la ville pour rendre service à Kader, un encombrant revenant. Kader qu’il a connu lorsqu’il animait des ateliers d’écriture à la prison des Baumettes, belle gueule de voyou, spécialiste de l’évasion. Kader, qu’il voit débarquer un jour à Manosque traqué par toutes les polices, en quête d’une planque, bien avant la fin prévue de sa longue peine. Dès lors, il est à craindre que le prix des vivants soit fortement revu à la baisse…

 

Notre avis :

 

" Nous sommes insatiables ! Si un fleuve de sang ne traverse pas nos écrans, nous changeons de chaîne, nous cherchons le canal où coule le sang. "

 

Tout le monde dans le village sait qu’il écrit des livres et qu’il vit avec l’institutrice des tout-petits.  Un cahier rouge offert et sans réfléchir il commence un journal, quelques mots jetés sur la page blanche chaque jour.  Il fréquente les arbres et les oiseaux, observe les hommes. Il note sur son beau cahier rouge ce qu’il voit, ce qu’il entend lorsqu’il part randonner dans les collines.

Mais il suffit d’une simple sonnerie pour que le cours paisible de sa vie explose. Bien sûr dans ses romans il a tué beaucoup de gens, mais là, un homme est allongé sur le carrelage de son appartement, ses yeux à moitié  sortis des orbites, sa langue noire qui pend au milieu de son visage. Qui se douterait au bistrot que cet écrivain silencieux, qui lit tranquillement le journal, vient d’enterrer un homme à quelque pas d’ici.

Ce roman commence comme un livre de Marcel Pagnol, bercé par la douceur des mots et la beauté des paysages de Provence.  Et soudain tout bascule, la peur et la violence, remplacent le silence et la lumière, le roman naturaliste devient roman noir, et les morts se confondent avec les vivants. Tout sonne juste dans ce roman, l’auteur anime  un atelier d’écriture aux baumettes, il connait donc bien le milieu carcéral, c’est aussi un amoureux des mots et de la nature. Et puis il a le talent de changer de style lorsque le récit se transforme en polar et Marcel Pagnol en Alphonse Boudard.

 

  

Note n°754  rédigée par Yves, juillet 2017

 

 

 

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