114734325 ROMAN FRANCAIS

Les larmes noires

sur la terre

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334 pages

 

 

 

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Sandrine Collette, née en 1970 à Paris est une romancière française.  Elle passe un bac littéraire puis un master en philosophie et un doctorat en science politique. Elle devient chargée de cours à l'université de Nanterre, travaille à mi-temps comme consultante dans un bureau de conseil en ressources humaines et restaure des maisons en Champagne puis dans le Morvan. "Des nœuds d’acier" (Denoël, 2013), son premier roman, obtient le Grand Prix de littérature policière 2013.

 

Quatrième de couverture ( Denoël ) :

 

Il a suffi d’une fois. Une seule mauvaise décision, partir, suivre un homme à Paris. Moe n’avait que vingt ans. Six ans après, hagarde, épuisée, avec pour unique trésor un nourrisson qui l’accroche à la vie, elle est amenée de force dans un centre d’accueil pour déshérités, surnommé «la Casse».
La Casse, c’est une ville de miséreux logés dans des carcasses de voitures brisées et posées sur cales, des rues entières bordées d’automobiles embouties. Chaque épave est attribuée à une personne. Pour Moe, ce sera une 306 grise. Plus de sièges arrière, deux couvertures, et voilà leur logement, à elle et au petit. Un désespoir.
Et puis, au milieu de l’effondrement de sa vie, un coup de chance, enfin : dans sa ruelle, cinq femmes s’épaulent pour affronter ensemble la noirceur du quartier.

 

Notre avis :

 

Moe vient des îles, pas grand chose dans le crâne, mais un si joli sourire et un visage doré de soleil. Evidemment Rodolphe a craqué. Moa a perdu ses illusions, Rodolphe abruti par une ivresse constante est colérique et violent, mais Moe supporte tout. Mais maintenant il y a l'enfant, six kilos de bonheur face à la dureté du monde,  Moe a peur pour lui, alors elle s'enfuit. Rattrapée par les service sociaux, la voilà enfermée dans centre d'accueil, on dirait comme un village sauf qu'ici les maisons sont des carcasses de voiture où huit mille paumés s'entassent, ça sent le moisi, le vieux, la pisse, l'huile de moteur, à vomir !

Dans ce monde où la violence est l'unique loi, Moe va retrouver un peu de chaleur auprès de cinq femmes qui mettent tout en commun, les bonnes nouvelles et les pénuries. Il y a Poule, victime des attentats de novembre 2015 à Paris, Ada qui a fuit son pays, l'Afghanistan, pour échapper au massacre, il y a Nini peau de chien , affamée d'amour qui ne trouve que des étreintes fugaces, Marie-Thé, née en Haïti, neuvième enfant de la famille, abandonnée dans un orphelinat, adoptée par un couple qui en fera leur domestique, il y a enfin Jaja qui pour fuir une mère violente tombe dans la spirale infernale de la drogue, finit par se faire serrer à Bangkok, condamnée à six ans de prison. Les six femmes vont essayer de survivre dans cet enfer.

Sandrine Colette nous entraîne dans ce roman dans un univers glauque où la société, pour se protéger, enferme les laissés pour compte, dans un camp, sans espoir de ressortir. Une écriture vive, faite de phrases courtes pour décrire l'horreur et au milieu l'humanité dégagée par ces six femmes cabossées qui échouent à la "casse". Chacune d'elles s'emploie à  relever celle qui trébuche. Une solidarité et une fraternité qui leur permettent de tenir dans ce monde ignoble.

Des scènes criantes de vérité, le monde de la prostitution de "chantier" et l'abattage pour gagner quelques euros,  les souffrances des grands brûlés quand le plus infime des contacts devient une torture. Un récit noir, où le lecteur se demande quand va enfin cesser cette descente infernale dans l'horreur de la nature humaine.

 

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Note rédigée par Yves, avril 2017

 

 

 

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