CVT_Les-Dieux-du-Tango_7480    

ROMAN ETRANGER

Les dieux du

   tango

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543 pages

 

 

 

 

   

AVT_Carolina-De-Robertis_1555 

Née en 1975, de parents urugayens, Carolina De Robertis est américaine d'origine uruguayenne. Elle passe son enfance en Angleterre et en Suisse. La famille part ensuite s'installer aux Etats-Unis.
Elle travaille pendant environ dix ans pour des organisations de défense des droits de la femme.
Elle vit actuellement à Oakland (Californie)

 

Quatrième de couverture (Cherche midi) :

 

 

Février 1913. Leda a dix-sept ans. Elle quitte son petit village italien pour rejoindre en Argentine son cousin Dante, qu’elle vient d’épouser. Dans ses maigres bagages, le précieux violon de son père. 

Mais à son arrivée, Dante est mort. Buenos Aires n’est pas un lieu pour une jeune femme seule, de surcroît veuve et sans ressources : elle doit rentrer en Italie. Pourtant, quelque chose la retient… Leda brûle d’envie de découvrir ce nouveau monde et la musique qui fait bouillonner les quartiers chauds de la ville, le tango, l’envoûte. Passionnée par ce violon interdit aux femmes, Leda décide de prendre son destin en main. Un soir, vêtue du costume de son mari, elle part, invisible, à travers la ville.
Elle s’immerge dans le monde de la nuit, le monde du tango. Elle s’engage tout entière dans un voyage qui la mènera au bout de sa condition de femme, de son art, de la passion sous toutes ses formes, de son histoire meurtrie. Un voyage au bout d’elle-même.

 

Notre avis :

 

Février 1913, après 21 jours de traversée,sur le seuil de sa vie de femme, Leda arrive en Argentine, elle n'imagine pas alors que jamais elle ne reverra sa famille. Sur la quai, de Buenos Aires, Dante son mari n'est pas là, il est mort en luttant pour le droit des travailleurs.

Leda se retrouve seule dans cette ville qui ne dort jamais, mélange de cultures et de langues, où le bruit est incessant, la puanteur tenace, elle intègre un conventillo, logement communautaire où des familles entières peuplent chaque pièce, où les célibataires dorment côte à côte. Ici, comme dans son village de l'Italie, les mains des femmes servent à la cuisine, à la couture ou au ménage, mais surement pas à jouer du violon

Mais Leda va découvrir le tango une musique vive qui réveille les os et donne envie de danser, cette nouvelle musique va entrer par toutes les fibres de son corps, elle ne s'est jamais sentie plus vivante. Mais comme le tango n'est pas une musique pour les femmes, Leda se coupe les cheveux, enfile le costume de son défunt mari et va devenir homme pour assouvir enfin sa passion.

Comme moi laissez-vous emporter par l'écriture luxuriante et légère de Carolina de Robertis, dans ce roman coloré où la sensualité affleure à chaque page, c'est bien l'histoire de cette musique devenue danse qui nous est contée à travers le parcours de Leda. Il y a un siècle, le tango était la musique de la sous-classe à Buenos Aires, jouée par les habitants et dansée dans les maisons closes, l'auteur nous fait vivre de l'intérieur la transformation de cette musique vivante qui évolue en permanence, avec l'apport de nouveaux instruments et de nouvelles sonorités puis son déferlement jusque dans les beaux quartiers. Et puis la voix du chanteur qui va prendre le pas sur les instruments, cette voix qui raconte une histoire et vous donne des frissons.

Un roman sur la vie des femmes en ce début de siècle, illustrée par le lourd secret de Cora, la cousine chérie de Leda, sa presque soeur, qui deviendra Cora la folle. L'auteur nous parle de leurs désirs,de leur sexualité, certains passages sont "muy caliente".Un récit où la sensualité des femmes et du tango se mélangent, où le rythme des mots et la musique ne font qu'un. Mais ce livre nous parle aussi des conditions de vies des immigrés en Argentine juste avant la guerre, des syndicats et des anarchistes qui commencent à s'organiser pour lutter contre le patronat. Quand vous aurez refermé ce roman, vous entendrez encore longtemps le son mélancolique du bandonéon. Une bien belle découverte.

 Prolongez votre lecture :

 

Por una Cabeza - composé en 1935 par Carlos Gardel

 

 

 

 

Note rédigée par Yves, mai 2017

 

 

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