le dernier ROMAN ETRANGER

Le dernier vol

du flamant

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300 pages

 

 

 

mia_couto_pedro_soaresMia Couto né en 1955 est un écrivain mozambicain de langue portugaise. Un des écrivains les plus célèbres de son pays, son œuvre est traduite dans plusieurs langues

 

 

Le livre :

 

Tizangara, village imaginaire du Mozambique, est le théâtre d'événements délirants. Les casques bleus, venus surveiller le processus de paix à la fin de la guerre civile, explosent sans laisser de traces, si ce n'est celle de leur membre viril. Massimo Risi, inspecteur italien des Nations Unies, est dépêché sur les lieux pour élucider ces morts mystérieuses. Accompagné d'un traducteur, il arpente Tizangara à la recherche d'indices. Ana Deusqueira la prostituée, Sulplicio le père du narrateur, Temporina la jeune ensorcelée, Muhando le prêtre, Zeca Andorinho le sorcier et Estêvâo Jonas l'administrateur corrompu du village sont les personnages hétéroclites bigarrés de ce récit à la fois extravagant et dramatique.

 

Notre avis :

 

"Ici on ne sait ce qui arrive que lorsque c’est déjà arrivé." 

Si vous ne tenez  pas  compte de l’histoire délirante de ce roman, ni des personnages parfois farfelus, si au contraire vous entrez dans la magie de la langue de Couto, de ses mots inventés, de sa poésie alors vous allez vous régaler.   Les épigraphes, en tête des chapitres, sont un vrai bonheur, par exemple :  "les faits ne sont authentiques qu’après avoir été inventés ". Sous couvert de cette enquête loufoque, l’auteur aborde la colonisation, la guerre civile, la corruption, Dieu et l’injustice du monde. Cette fable  ne se termine pas par hasard  par la disparition totale du pays, c’est de la perte de l’identité africaine qu’il s’agit : "Nos ancêtres nous regardent comme des enfants étrangers". Mais le rapport pour l’ONU transformé en oiseau de papier qui s’envole au-dessus de l’abime symbolise l’espoir d’une renaissance.

 

 

Note rédigée par Yves, janvier 2016.

 

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