la tresse ROMAN FRANCAIS

La tresse

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224 pages

 

 

 

 

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Laetitia Colombani est scénariste, réalisatrice et comédienne. Elle a écrit et réalisé deux longs-métrages, À la folie… pas du tout et Mes stars et moi. Elle écrit aussi pour le théâtre. La Tresse est son premier roman.

 

 

 

 

 

Quatrième de couverture ( Grasset ) :

 

Trois femmes, trois vies, trois continents. Une même soif de liberté.  
Inde. Smita est une Intouchable. Elle rêve de voir sa fille échapper à sa condition misérable et entrer à l’école.  
Sicile. Giulia travaille dans l’atelier de son père. Lorsqu’il est victime d’un accident, elle découvre que l’entreprise familiale est ruinée.  
Canada. Sarah, avocate réputée, va être promue à la tête de son cabinet quand elle apprend qu’elle est gravement malade.
  
Liées sans le savoir par ce qu’elles ont de plus intime et de plus singulier, Smita, Giulia et Sarah refusent le sort qui leur est destiné et décident de se battre. Vibrantes d’humanité, leurs histoires tissent une tresse d’espoir et de solidarité.

 

Notre avis :

 

 

" Ici les hommes sont volubiles, se plaisent à parler d’eux, le rôle des femmes est de les écouter,  il faut laisser l’homme briller. "

Trois portraits de femmes courageuses et volontaires, qui habitent sur des continents différents, qui face à l’adversité vont être amenées à prendre une décision qui va changer le cours de leur vie et dont les destins vont être liés.

Smita est une intouchable, une espèce jugée trop impure, qui vit à la périphérie de l’humanité et qui doit rester invisible. Comme sa mère elle est "extracteur" un mot pudique pour dire que son métier c’est de ramasser la merde des autres à mains nues, toute la journée.

Giulia, 20 ans, travaille dans l’atelier de perruques en cheveux naturels de son père, en Sicile. Ici les ouvrières partagent plus qu’un métier, elles parlent de leur vie, de leurs amours, de leur mari. Giulia ne cherche pas de mari, ni d’amoureux, elle passe ses nuits à lire.

Sarah, 40 ans, deux fois mariée, deux fois divorcée, mère de famille de trois enfants, associée dans un cabinet d’avocat à Montréal, est une wonder-woman, chaque seconde compte, sa journée est chronométrée. Elle a construit un mur entre sa vie professionnelle et sa vie privée. 

Un plaidoyer profondément humain et émouvant sur la condition des femmes dans le monde qui doivent lutter sans cesse pour vivre ou pire pour survivre. De la femme moderne qui doit mettre sa vie privée de côté et même sa maladie pour espérer réussir dans un monde où chacun espère la chute de l’autre pour prendre sa place, d’une jeune femme qui doit s’imposer dans une société machiste, jusqu’à l’horreur d’un pays où les victimes de viol sont considérées comme les coupables, où deux millions de femmes sont assassinées chaque année, et où l’on tue les filles à la naissance.

Une écriture à la puissance évocatrice pour parler notamment de l’Inde avec son système de castes dont on ne peut sortir impunément, avec le culte des divinités et ses croyances dont la réincarnation et sa promesse d’une vie meilleure, la saleté, la misère qui conduit à manger des rats grillés, le poulet du pauvre.

Un premier roman qui est une vraie réussite, tant par sa construction, que par le style de l’auteur jamais larmoyant. Un conte moderne plein d’espoir un bel hommage rendu aux femmes.

 

 

Note rédigée par Yves, juin 2017

 

 

 

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