l'ordre HISTOIRE

L'ordre

du jour

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160 pages

 

 

 

 

 

 

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Éric Vuillard, né en 1968 à Lyon, est écrivain et cinéaste. Il a réalisé deux films, L’homme qui marche et Mateo Falcone. Il a reçu le prix Franz-Hessel 2012 et le prix Valery-Larbaud 2013 pour deux récits publiés chez Actes Sud, La bataille d'Occident et Congo ainsi que le prix Joseph-Kessel 2015 pour Tristesse de la terre et le prix Alexandre Viallate pour 14 juillet.

 

Quatrième de couverture ( Actes Sud) :

 

Ils étaient vingt-quatre, près des arbres morts de la rive, vingt-quatre pardessus noirs, marron ou cognac, vingt-quatre paires d’épaules rembourrées de laine, vingt-quatre costumes trois pièces, et le même nombre de pantalons à pinces avec un large ourlet. Les ombres pénétrèrent le grand vestibule du palais du président de l’Assemblée ; mais bientôt, il n’y aura plus d’Assemblée, il n’y aura plus de président, et, dans quelques années, il n’y aura même plus de Parlement, seulement un amas de décombres fumants.

 

Notre avis :

 

 

20 février 1933, ils sont 24, convoqués par Hitler, de Gustave Krupp à Wilhelm Von Opel, 24 industriels ou banquiers, ils sont silencieux, bien sages, ils écoutent Goering qui évoque, pour le parti Nazi et donc pour l’Allemagne, l’importance de remporter les élections du 5 mars, puis chacun des "invités" passe à la caisse et verse quelques centaines de milliers de marks pour la cause, une banale levée de fonds. Tous survivront au régime et continueront à faire des affaires.
Une fois que la Banque et l’industrie furent converties, les opposants réduits au silence, les seuls adversaires sérieux furent les puissances étrangères. Après quelques protestations de pure forme à propose de l’annexion de la Sarre, de la remilitarisation de la Rhénanie, tous furent atteints de cécité et Hitler pu passer au point suivant l’annexion de l’Autriche. Les démocraties européennes opposèrent à l’invasion une résignation fascinée. Le matériel obsolète, une armée en panne retardent un peu l’avancée et les autrichiens sont impatients de voir l’armée allemande arriver, les jeunes filles sont au bord de la route tout sourire, et un rattachement au Reich sera approuvé par référendum par plus de 99% des autrichiens

L'écriture précise et détaillée d' Éric Vuillard nous fait pénétrer au cœur des événements qui ont conduit Hitler au pouvoir et le monde à sa perte. Nous participons aux entretiens entre le führer et le chancelier autrichien. Nous assistons à une réception improbable de Ribbentrop par le premier ministre anglais Chamberlain. Nous sommes les témoins du procès de Nuremberg, où nombre d’accusés, n’ont rien vu, rien fait, bref sont innocents de ce dont on les accuse. L'auteur dresse avec justesse les portraits des protagonistes dont Hitler ivre de colère dès qu'un grain de sable freine ses projets. Mais aussi il met en avant ces dizaines de milliers de travailleurs déportés, fournis aux industriels allemands, leur espérance de vie était de quelques mois. Krupp, Bayer, BMW et consorts trouvèrent leur compte, on embauchait à Dachau, à Buchenwald. Tout le monde s’est jeté sur cette main d’œuvre si bon marché et renouvelable à la demande. La guerre a été rentable.
Ce récit bien documenté est d’une grande richesse, sa grande force est de nous rappeler comment l’indifférence, la passivité ou pire la compromission peuvent conduire à la dictature.

 

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Note rédigée par Yves, Mai 2017

 

 

 

 

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