CVT_Imaginer-la-pluie_9299 ROMAN ETRANGER

Imaginer

la pluie

 

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295 pages

 

 

 

50883Santiago Pajares, né à Madrid en 1979, est informaticien de formation. Il est l'auteur de quatre romans et de plusieurs courts métrages. Il écrit et produit des séries sur le web.

 

Quatrième de couverture ( Actes Sud ) :

 

Il n’a jamais connu que les dunes et le désert, et pour toute compagnie sa mère qui lui raconte un monde détruit par la folie des hommes. Ici point de rose à soigner, point de renard ou d’astéroïde à chérir. La nostalgie n’a pas cours, seul compte ce qui autorise la survie : un appentis pour s’abriter des tempêtes de sable ; quelques palmiers et un puits ; beaucoup de lézards  et de rares légumes.
Consciente que son petit prince devra un jour désirer autre chose, la mère fait de lui le dépositaire de ses souvenirs. Elle lui représente ce qui composait l’existence d’avant : le goût du café fumant, l’arôme des fleurs, la rosée du matin sur les fougères, les notes d’un piano, mais aussi la haine, la cupidité et la guerre. Elle sait qu’un jour il faudra partir, s’arracher à ce lieu familier mais précaire.
À la mort de sa mère, terrassé par le silence, le garçon entreprend un long voyage pour revenir vers les hommes.

 

Notre avis :

 

 

"Le plus important de chacun est à l'intérieur. On ne peut savoir comment on est en se regardant dans un miroir."

 

Tout le monde voulait davantage et personne n’était satisfait, c’est ainsi que les problèmes ont commencé.

Sa mère a connu la pluie, Ionah ne connait que le sable, le sable à perte de vue, le désert. Le désert qui tolère les hommes comme des parasites , qui déclenche une tempête de sable, c’est sa façon de crier. Elle apprend à son fils à se battre, à creuser pour chercher l’eau, à piéger des lézards source de protéines pour survivre.

Sa mère est morte, elle s’appelait Aashta. Il trouve un homme inanimé et le sauve des vautours. cela fait neuf ans, depuis la mort de sa mère, qu’il n’a pas parlé à quelqu’un de vivant. Shui lui apprend à siffler et lui donne l’espoir. Shui se suicide dans le puits pour le forcer à partir.

Il met dans son sac, le pistolet de Shui avec cinq balles, il se réserve la dernière. A la première lueur du jour, c’est pour lui le moment de s’en aller. Il va retrouver le monde et les hommes que sa mère a fui pour le sauver. Le soleil lui indique le chemin jour après jour. Les dunes auront une fin, mais il ne sait pas ce qu’il y aura après et cela l’effraie. Il ne sort pas du désert pour survivre, il en est sorti pour ne pas mourir seul.

Ce roman raconte l’histoire de Ionah, la dernière personne innocente qui subsiste sur cette terre, il imagine la pluie qu’il n’a jamais vue. Il ne connait ni l’envie, ni la colère, ni l’avarice, ni la nostalgie . Quand la sagesse et la philosophie rencontre la poésie cela donne un roman original d’une richesse incroyable où chaque page donne à réfléchir. Il y a un peu du "Petit Prince" dans Ionah, son innocence, sa soif de connaissances. Il est aussi question de la folie des hommes dont la fuite en avant conduit la terre au désastre. Un énorme coup de cœur pour ce très beau texte dont les chapitres courts permettent de faire une pause et de rêver.

 

Note n° 767 rédigée par Yves, août 2017

 

 

 

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