CVT_Comme-une-riviere-bleue-Paris-1871_4214 ROMAN FRANCAIS

Comme 

une rivière bleue

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391  pages

 

 

 

téléchargementMichèle Audin, née en 1954 à Alger, est une mathématicienne et écrivaine française. Elle est la fille du mathématicien Maurice Audin, mort vraisemblablement sous la torture, en juin 1957 en Algérie, après avoir été arrêté par les parachutistes du général Massu. Le 1er janvier 2009, elle a refusé la Légion d'honneur, en raison du refus du président de la République, Nicolas Sarkozy, de répondre à une lettre de sa mère à propos de la disparition de son père.

 

Quatrième de couverture (Gallimard) :

 

Une petite foule de personnages, Marthe, Paul, Maria, Floriss... vivent, aiment, espèrent, travaillent, écrivent, se battent, enfermés dans Paris, pendant les soixante-douze jours qu’a duré la Commune. Comme une rivière bleue est leur histoire, vécue nuit et jour, à travers les fêtes, les concerts, les débats fiévreux, à l’Hôtel de Ville, à la barrière d’Enfer, au Château-d’Eau, sur les fortifications, dans ce Paris de 1871 qui est encore le nôtre.
À l'aide de journaux inconnus, de l’état civil et de ses failles, de livres de témoins, le roman de Michèle Audin nous entraîne dans la ville assiégée, derrière quelques-uns des obscurs qui fabriquent cette révolution qui passe tranquille et belle "comme une rivière bleue" .

 

Notre avis :

 

"Les révolutions commencent toujours parce que les classes au pouvoir ne connaissent et méprisent les classes populaires."

 

En mars 1871, le Paris populaire est armé, il faut donc mater les populations des quartiers ouvriers et désarmer la garde nationale. Mais le gouvernement préfère filer à Versailles. C’est le printemps, un parfum de bonheur et de liberté envahit les avenues et le vin coule à flots. Le 28 mars deux cent mille inconnus sont dans la rue, ils sont marchand de vin, corsetière, herboriste, lingère, charbonnier, teinturière, tripier, après tant de misères et de défaites ces malheureux ont repris confiance, la Commune est proclamée, tout le monde se parle, se bouscule, danse, la soif de s’étreindre et de s’aimer, quelle journée !

Quelques mouvements communalistes dans plusieurs villes de province ont vite été matés. Début avril, les gardes nationaux qui tentent une sortie vers Versailles sont massacrés, la guerre civile contre la Commune est engagée, les bombardements et les enterrements se succèdent. La Commune est emprisonnée, cernée, étouffée, personne en France ne sait ce qui se passe à Paris. Tous les cinq minutes un coup de canon, les ambulanciers mitraillés sous leur drapeau blanc. La fin est proche, bientôt les fontaines seront remplies de caillots de sang et de fragments de cervelles…

Karl Marx, Jules vallès, Léon Blum, Adolphe Thiers, Edouard Vaillant, Gustave Courbet tous ces grands hommes revivent sous la plume de Michèle Audin ainsi que la foule des anonymes qui vont se faire tuer pour défendre la Commune.

L‘auteur insiste sur l’importance des journaux ils ont pour nom, Le cri du peuple, la Vérité, le Gaulois, le père Duchêne, la Sociale, le Vengeur et les crieurs de journaux s’égosillent dans les rues de Paris.

Des phrases courtes, rendent le récit encore plus vivant, le lecteur est vraiment plongé dans les évènements, nous voici dans les réunions de la Commune, de la commission de l’éducation nouvelle, du club des prolétaires, de l’internationale, de l’Académie des sciences, on discute pendant des heures sur des mots et on oublie la classe ouvrière à l’origine de la révolution.

Le narrateur marche dans les rues de Paris à la rencontre des lieux et des immeubles où se sont déroulés les événements. Nous sentons les odeurs, entendons les bruits, les cris des marchands ambulants. Nous assistons aux concerts, représentations théâtrales ou déjeuners sur l’herbe au profit des veuves, des orphelins et des familles des blessés. Nous participons à la chasse aux curés, ces parasites qui mangent du bon pain alors que le peuple trime. Nous tirons sur les cordages pour faire tomber la colonne Vendôme. Nous dansons à la foire aux jambons ou à la foire au pain d’épice. Nous sommes sur la barricade de la rue blanche tenue par cent vingt femmes, petit barrage de fortune qui va céder face à la vague de cent trente mille Versaillais qui sont entrés dans Paris et la Seine coule rouge. Le drapeau tricolore flotte à nouveau sur les Batignolles, l’ordre et le calme vont régner. Les dénonciations peuvent commencer, et les déportations en Nouvelle-Calédonie s’activer.

Un travail de recherches phénoménal pour faire revivre les 72 jours de la Commune, une plongée dans le Paris ouvrier où le patron peut amputer le salaire misérable de ses employés par des amendes selon son bon vouloir. Michèle Audin fait ressurgir au jour le jour la Commune, telle qu'elle fut vécue par le peuple de Paris. 

 

 

 

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Note n° 763 redigée par Yves, août 2017

 

 

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